
Lors de sa visite à la gare de Perpignan le 17 novembre 1964 Salvador Dalí découvrit « la véritable troisième dimension stéréoscopique » et il décréta que nous nous trouvions au centre du monde. Mais être le centre du monde oblige nos institutions à se conduire de façon exemplaire car justement le regard de l’univers est tourné vers nous … Et que voit-on à quelques pas du centre du monde?
Tout d’abord la saleté de l’espace public qui provoque l’envie de toutes les villes semblables à la nôtre…Nous imaginons les Maires de Girona, Figueres et Narbonne donnant des instructions à leurs services pour qu’elle soit le miroir où se mirer. Ensuite la sécurité. Nous avons pu constater les nombreuses visites réalisées par les responsables des villes citées précédemment pour observer « de visu » les grandes réussites de notre municipalité en ce qui concerne la protection des personnes et des biens. A moins qu’ils ne viennent pour s’inspirer des grandes avancées de la politique de circulation urbaine de nos édiles, politique qui a permis de faire disparaître tous les bouchons et toutes les difficultés que la ville pâtissait depuis des lustres.
Peut-être voudront-ils imiter les grandes places minéralisées de notre ville et décideront-ils de raser la Rambla de Narcís Montoriol, ou encore La Devesa, pour faire plus fort que nous?
Ou encore s’extasieront-ils devant les grands aménagements déjà « terminés » du quartier de Sant Jaume où des architectes et urbanistes du monde entier se précipitent pour voir la merveille qui rend obsolète et caduque la rénovation de la Girona ancienne. Viennent-ils pour s’émerveiller des grandes surfaces commerciales encerclant la ville ?, se réjouir des commerces fermés en centre ville?…qui sait?
Évidemment toute ressemblance avec la réalité est surréaliste, quoique…dans la chronologie des œuvres majeures de Dalí, La Gare de Perpignan s’intercale entre L’ Apothéose du Dollar et la Pêche aux thons. Les dollars et la pêche aux …, encore et toujours !

